Voici un exemple de démarche de soins ( ici recueil de données) de 1ère année étudiant infirmier , cette démarche relève de la psychiatrie où il est plus facile de connaître ses patients par rapport à l'hôpital traditionnel où les dossiers s'ils sont bien remplis , sont illisibles et désordonnés. De plus il est plus rare de voir son patient pris en charge quitter le service un jour avant sa MSP!!!!
De plus, il ne s'agit que de la méthode de mon école, je sais que dans les autres écoles il peut y avoir quelques petites différences.
Et je rajouterais enfin un petit conseil, si vous avez un ordinateur muni d'une imprimante, et bien faite un modèle type de démarche avec tous ce que l'on pourrait y trouver. Et servez-vous en pour rédiger et compléter les jours suivants vos démarches, c'est moins chiants que des les faire et refaire à la main !!!
DEMARCHE DE SOINS
RECUEIL DE DONNEE
1/ ETAT CIVIL :
Nom : Mr. Z.
Prénom : X
Date de naissance : X
Age : 55 ans
2/ MOTIF D’HOSPITALISATION :
Adressé par le CHU de X pour éthylisme chronique et perte de la mémoire immédiate (depuis environ 1 an), Mr. Z. est actuellement hospitalisé dans l’unité X, secteur X (celui-ci dépend du secteur X mais il n’y a pas de place pour le moment).
Sachant qu’il est venu de lui-même, il est en hospitalisation libre (il dispose donc des même droits que ceux prévus par la loi du 27 juin 1990 et repris par l’article 3211-3 du Code de
la Santé Publique ).
3/ CONNAISSANCE DE
LA PERSONNE :
A) SITUATATION FAMILIALE :
M. Z est actuellement célibataire. Il est l’aîné d’une famille de trois enfants (une sœur à lui vit à X), sa mère habite à X et son père est décédé d’un cancer de la plèvre en décembre 19...
Il a deux fils de 30 et 35 ans issus d’un premier mariage (a divorcé en 19….) et vivent actuellement à X. Mr Z. a aussi une fille de 9 ans née d’une deuxième union (a divorcé en 19.. et la mère a la garde).
B) SITUATION SOCIALE :
Mr. Z. a travaillé comme chauffeur routier jusqu'à début janvier 19… où il s’est retrouvé au chômage. Après cela, il a retrouvé du travail comme forain en restauration et en même temps il a travaillé dans un bar la nuit pour aider un ami à lui mais s’est encore retrouvé au chômage (il touche les ASSEDIC = assurance chômage).
Il a un studio depuis 6 ans à X d’où il est parti un jour (il y a environ 3 mois) car il n’avait plus d’argent et s’est retrouvé au foyer de l’X: Boulevard de X ..000 X (dit l’avoir quitté, avoir marché tout droit et s’être retrouvé à l’X).
De plus celui-ci n’a pas payé sont loyer depuis qu’il a quitté son studio c’est pourquoi il a été fait une mise sous sauvegarde de justice le X septembre 20.. (Régime de protection d’urgence applicable aux majeurs atteints d'une altération temporaire de leurs facultés mentales ou corporelles, et conservant aux intéressés l'exercice de leurs droits, mais justifiant la rescision pour cause de lésion, ou la réduction pour excès, des actes qu'ils ont passés et des engagements qu'ils ont contractés. D’une durée de 2 mois + 6 mois renouvelable).
Pour compléter ceci une demande de curatelle ou de tutelle (+++) est en cours :
- La curatelle :
Sur le plan civique, le protégé conserve le droit de vote mais ne peut être éligible. Son mariage comme une donation ne peuvent être faits sans l’avis du curateur. Il peut faire un testament s’il est sain d’esprit ; il lui appartient de l’établir par un certificat d’un spécialiste inscrit sur la liste du procureur de la république. Le protégé conserve une autonomie pour les actes conservatoires et d’administration de son patrimoine mais il existe une possibilité d’action en nullité ou en réduction si le trouble mental au moment de l’acte peut être prouvé. Le protégé ou le curateur peuvent demander l’annulation d’un acte réalisé sans l’accord du curateur. L’action en nullité est soumise à l’appréciation du tribunal. Un autre type de curatelle est possible, la curatelle spéciale (article 512 du Code civil) ou curatelle renforcée. Dans ce cas le curateur a les mêmes pouvoirs que le tuteur : on parle de curatelle aggravée : il s’agit donc d’une protection intermédiaire entre tutelle et curatelle qui, de fait, à l’avantage par rapport à la tutelle de conserver le droit de vote au patient.
- La tutelle :
Le protégé perd sa capacité civile : il ne peut voter et n’est pas éligible. Le protégé est totalement privé de ses capacités civiles, civiques et juridiques et doit être en toutes circonstances de sa vie civile représenté par son tuteur. Les actes postérieurs à l’ouverture de la tutelle sont nuls en droit, les actes passés peuvent être annulés, en particulier si une sauvegarde de justice a été enregistrée antérieurement. Tout testament, toute donation ne peuvent se faire qu’avec l’accord du conseil de famille et ne concernent que le conjoint ou un descendant. Le mariage nécessite la consultation du conseil de famille et/ou des parents. D’après l’article 501 du Code civil, le juge peut énumérer certains actes que la personne aura la possibilité de réaliser elle même soit seule, soit avec l’assistance du tuteur. Différents types de tutelles peuvent être diligentés par le juge.
C) PRISE EN CHARGE FINANCIERE :
Mr. Z bénéficie de la sécurité sociale et est affilié
la CMU (couverture maladie universelle) comme mutuelle (cette affiliation ouvre droit, pour son bénéficiaire et pour ses ayants droit, aux prestations en nature de l'assurance maladie). Mr. Z. n’aura donc aucun fraie d’hospitalisation à sa charge, pas même le forfait journalier.
D) PERSONNES A CONTACTER :
Sa mère, ses fils, sa sœur, leurs numéros et leurs adresses se trouvent dans le dossier de soins infirmier.
E) HABITUDE DE VIE :
- ALIMENTATION :
Mr. Z est tout à fait capable de s’alimenter seul, il mange le petit déjeuné, le déjeuné, le goûté, et le dîné dans la salle de restauration à table avec les autres patients. Il mange toujours les repas types du jour. Il ne suit aucun régime particulier à par absence stricte d’alcool.
- HYGIENE ET CONFORT :
Il n’y a pas d’action particulière pour la toilette (douche) de Mr. J. car celui-ci la fait le matin seul il est entièrement autonome. Il est juste nécessaire de lui donner un rasoir. Il porte ses propres vêtements.
- ELIMINATION :
Aucun problème d’élimination.
- SOMMEIL ET REPOS :
Mr. Z. n’a pas de problème de sommeil, juste les fesses qui lui sont douloureuse (lié aux injections médicamenteuses intramusculaires) mais ne l’empêche pas de bien dormir.
- RELAXATION ET COMMUNICATION :
S’exprime bien, parle à table avec les autres patients, Mr. Z. est quelqu’un de très serviable (il aide beaucoup à mettre et débarrasser la table, met la vaisselle dans le lave vaisselle, nettoie les tables … Il joue avec les autres patients à des jeux de société (domino…), au baby-foot, regarde la télévision.
- MOBILITE :
Il n’a aucun problème de mobilité, bien que les injections intramusculaires journalières lui sont douloureuses.
- RESPIRATION :
Aucun problème respiratoire. Mr. Z. a arrêté de fumer depuis qu’il a des injections intramusculaires de Benerva® 500 (avant cela il fumait 5 cigarettes environ par jours)
- ORGANES DES SENS :
Aucun problème.
F/ ANTECEDENTS ET HOSPITALISATION en lien avec le motif d’hospitalisation actuel :
Mr. Z. présente de nombreuses hospitalisations depuis plusieurs années avec toujours les mêmes étiologies et facteurs réactionnels :
- Le X mai 19.. : le Service de consultation de l’hôpital des X(CH.X) adresse en consultation Mr. Z. au CHX pour ivresse aiguë et symptôme dépressif ayant pour causes des problèmes familiaux et financiers (hospitalisé à plusieurs reprise depuis 19.. pour les mêmes problèmes et est toujours sorti sans traitement). Pas de pensées suicidaires.
- Le X octobre 19.. : adressé par le Service d’Accueil des urgences/SMUR (CH. X) au CHX pour syndrome dépressif moyen avec idées suicidaires. Présente une asthénie, un dégoût de la vie (« j’en ai marre de tout »), trouble de l’appétit et du sommeil, épisodes dépressifs depuis séparation avec sa femme. A quitté son travail depuis une semaine sans prévenir. Veut être pris en charge. Hospitalisation Libre : sortie le X octobre 19...
- Le X Janvier 19.. : adressé par le CH. d’X pour syndrome dépressif sévère réactionnel à des conflits conjugaux et financier (chômage depuis 10 jours), il est arrivé avec une ivresse aiguë (2.9g/L). Discours dépressif, pleurs, idées suicidaires. A arrêté son traitement antidépresseur juste après la sortie en octobre dernier. A été prêt à sauter par la fenêtre le premier jour de l’hospitalisation (interprète son geste comme un appel au secours).Hospitalisation Libre : sortie le X janvier 19.. (suivi par le Dr. X à sa sortie).
- Le X février 20.. : adressé par CH. X(venu de lui-même au urgence avec 1.26g/L), entre en Hospitalisation Libre pour altération de l’état général, asthénie (surcharge de travail, se couche à 02h et se lève à 7h du matin), conflits avec sa femme qui refuse de lui donner la garde de sa fille. Tabagisme chronique. Désir de sevrage alcoolique bien qu’il se dit non dépendant à l’alcool. Veut rester quelque jour pour se reposer. Sortie le X févier 20...
- Le X février 20.. : entre en Hospitalisation Libre au CHX pour alcoolisation (conflits familiaux, idées suicidaires), demande de l’aide. Sort le X février 20...
- Le X mars 20.. : nouvelle hospitalisation (HL), reprise de l’alcoolisation il y a 3 jours (causes famille et financières), trouble du sommeil, demande sevrage alcoolique et prise en charge sociale. Sortie le X mars 20...
- Le X septembre 20.. : entre en HL pour éthylisme chronique et trouble mnésique. Bilan neurologique au CHU de Rouen le 25 août 2005 (scanner normal). Anxiété importante vis-à-vis de ses pertes de mémoire et de son studio à X. Se sent rassuré d’être hospitalisé.
Diagnostique a été fait du syndrome de Korsakoff :
Ensemble de troubles psychiques caractérisé par la perte de la mémoire de fixation, une désorientation temporo-spatiale, de fausses reconnaissances et une fabulation. Le syndrome de Korsakoff est dû à une atteinte bilatérale d’une région du cerveau en général consécutive à une carence en vitamine B1 (thiamine), causée par un alcoolisme majeur. Malgré une vitaminothérapie intensive, les troubles de la mémoire sont en général permanents et ne régressent que de façon partielle, entraînant un handicap définitif.
Mr. Z. croit que ces perte de mémoire provienne d’un accident qu’il a eu quand il était plus jeune : il serait tombé fortement la tête sur un robinet en trébuchant sur une marche.
G/ ANTECEDENTS MEDICAUX ET CHIRURGICAUX :
- Hospitalisation au CH. d’X pour duodénite, gastrite et insuffisance rénale aiguë toxique.
- Intervention sur varices à la jambe gauche (stripping) au mois de février 20...
H/ TRAITEMENT
- Seropram® 20 (1cp le matin) : antidépresseur
- Seresta® 50 (1/2cp le matin et 1cp le soir) : benzodiazépine anxiolytique (pour sevrage d’alcool [attention car phénomène d’accoutumance c’est pourquoi la dose sera diminuée progressivement])
- Oropivalone® (3cps par jour) : traitement local d’appoint antibactérien et anti-inflammatoire (mal de gorge).
- Benerva® 500 (1 injection/jour) :apport en vitamine B1 car carence causée par l’alcool.
Si besoin :
- ½ cp de Seresta® 50 pour l’anxiété
- 50 mg de Tercian® en IM pour agitation si refus + isolement + prévenir l’interne de garde si trouble du comportement (neuroleptique utilisé pour un effet sédatif).
- 1cp d’Imovane® 7.5 si insomnie (hypnotique)
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